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Vingt quatrième jour



Le capitaine prit le manifeste de bord pour connaître le contenu de sa cargaison, mais surtout pour y ajouter quelques caisses de marchandises qui n'apparaîtraient pas sur le-dit papier. Il eut un petit sourire en pensant à l’argent qu’il allait se faire. Mais l’une des caisses l’intrigua, il quitta son vaisseau pour rejoindre le docker et l’interroger sur les dimensions du colis, mais l’homme était formel. Il précisa au capitaine, qu’il fallait d’ailleurs que le chargement soit rapidement débarrassé, il gênait le trafic. Le capitaine sortit à grand pas, agacé, avant de se diriger vers l’endroit que lui avait indiqué le docker. Sur le chemin, il fut rejoint par son mécanicien, il lui résuma la conversation. Leur discussion s’arrêta brusquement, quand ils furent devant. Ils se regardèrent quelques instants sans savoir quoi dire. Ce qu’ils avaient devant les yeux était tout simplement inimaginable : un paquet cadeau bleu nuit orné d’un bandeau étoilé. Mais maintenant se posait une question plus importante : comment allaient-ils pouvoir transporter ce paquet dont les dimensions hors normes le rendait impossible à faire entrer dans la cale de son vaisseau. Ou de n’importe quel autre d’ailleurs. Ils se regardèrent un moment.

“Des idées pour transporter tout ça ?” commença le mécanicien.
“Je réfléchis. On pourrait peut-être le tracter en l’attachant sur notre vaisseau.”
“J’en doute, cap’taine. On ne sera pas du tout manœuvrable. On doit quand même livrer dans la ceinture de Belgash en traversant plusieurs portes interstellaires.”
“Pas faux. Mais alors je sens que tu as une autre idée ?”
“J’pense qu’on peut le transformer en vaisseau.”
“Si tu penses que c’est possible, on le fait. Après tout, c’est toi le mécano.”

Celui-ci prit le temps de calculer la puissance ainsi que la position des moteurs nécessaires à la manœuvre. Il fallut faire plusieurs essais. L’énorme colis bougea un peu. Mais dans la limite du câble d’alimentation qui reliait les moteurs au réacteur du vaisseau. C’était impossible de voyager ainsi. Il fallait donc trouver comment alimenter les petits moteurs en énergie : installer des réacteurs identiques à ceux du vaisseau était impossible, sans augmenter encore la taille de l’objet. Ce qui rendrait impossible la traversée des portes interstellaires, le colis ne serait pas livré à temps.

“Pour le carburant, j’ai une idée. Te souviens-tu des Aqualts ?”
“Et de leur système de transport de l’oxygène, tu veux dire ?” Le mécanicien se tut, avant de reprendre. “Effectivement ça pourrait fonctionner.”
“Je vais chercher le nécessaire. Et pour la navigation ?”

Le capitaine se rendit dans la station pour récupérer les corystaux marins qui serviraient à générer le champ de force fluide autour du carburant. Le système était à peu près fonctionnel, restait le problème de la maniabilité de ce bâtiment peu conventionnel.

“J’ai réfléchi, Cap’taine, mais je ne vois pas de solution, il faudrait qu’on se trouve sur plusieurs côtés en même temps, mais cela augmenterait trop la taille.”
“Très bien, on ne peut pas non plus le tracter, la porte interstellaire ne peut pas rester ouverte assez longtemps.”
“On est coincé alors ?” Soupira le mécanicien.
“Non, je ne pense pas. Puisqu’on ne peut pas amener le cadeau au client, on va amener le client au cadeau.”

Le capitaine se réjouit en voyant le sourire de la jeune femme qu’ils venaient d’escorter sur la base quarante-deux. Elle allait vraiment passer un joyeux noël.

Commentaires

  1. J'ai cru au début à un capitaine de bateau de l'époque des pirates mais quand il est question de la ceinture de Belgash, je comprends que c'est un vaisseau spatial. Je trouve cette transition toute en subtilité. Si c'est un effet délibéré de ta part, il est réussi.
    Le texte est bien écrit et agréable à lire malgré une fin un peu rapide avec l'arrivée de la jeune femme. Il manque peut-être une scène de transition juste avant.

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