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Dix neuvième jour


Une femme observait la scène en se tenant dans l’encadrement de la porte. Quand il se sentit observé, il ne put s’empêcher de sourire. Dans ce regard, elle put y lire tout l’amour qu’il portait à sa famille. Elle fit un petit signe de tête pour le sac de sport près de la porte.

“Combien de temps ?” Après avoir refermé la porte de la chambre de l’enfant.
“Difficile à dire, disons le temps nécessaire.”
“Rentre vite !” Ils s’embrassèrent avant qu’elle ne parte sans se retourner. Au fond, ils s’étaient bien trouvés. Ils s’aimaient mais ils adoraient leur métier : biologiste sous-marin pour l’un, ingénieur aérospatial pour l’autre.

Le taxi la déposa à l’entrée publique de la base, un soldat inspecta son badge. Celui-ci ne servait en fait qu’à dissimuler un ascenseur. La véritable base se trouvait sous terre, elle avait été construite autour d’une étrange structure haute de six mètres, qui évoquait un anneau planté dans le sol. Ils l’avaient nommé la porte des étoiles. Parce qu’à l’aide d’un ordinateur, ils pouvaient programmer les chevrons de la porte pour que celle-ci génère un portail vers une structure similaire quelque part dans la galaxie. Il leur avait fallu des années pour commencer à comprendre les symboles qui ornaient les chevrons. Maintenant ils avaient des contacts réguliers avec plusieurs peuples extra-terrestres. C’était d’ailleurs la raison de sa présence ici. Ils étaient sur le point de déchiffrer un vieux carnet qu’il avait découvert sur la dernière planète que l’équipe d’exploration avait visité.

C’était toujours un moment particulier, quand ils programmaient une nouvelle séquence, d’entendre les chevrons, de voir ce tourbillon bleu qui promettait maintes aventures.
Mais cette fois-ci, la porte s’activa toute seule. Il était impossible d’interrompre une ouverture, si bien que la base passa en alerte. Les militaires armés prenaient place prêt à faire feu sur les intrus.

Il y eut un moment de flottement quand les humains découvrirent leurs nouveaux visiteurs. Ceux-ci avaient la taille de petits enfants, ils ne devaient même pas leur arriver aux genoux. Ils avaient la peau verte, mais leurs veines apparentes semblaient luire.. L’un d’eux avait la peau parcheminé, il fit quelques pas pour se détacher du petit groupe de ses compatriotes.
Il prononça un discours dans sa langue, tout en agitant les mains pour se faire comprendre.

Allan, le linguiste, n’en fit qu’à sa tête et pénétra dans la salle de la porte pour aller se placer non loin de leur visiteur. Il essaya quelques dialectes, avant qu’ils n’en trouvent un qui leur permettent de communiquer de manière approximative.

“Ce sont les calareniens, ils veulent nous remercier pour avoir libéré le peuple de l’influence go’a’uld.” Fit Allan en regardant le général et son équipe derrière la vitre blindée.
“Très bien, très bien, docteur Bact, dites leur que nous sommes contents de les avoir aidé.”
“Non, vous n’avez pas com…”

Mais il fut interrompu par une nouvelle activation de la porte, ce qui fit pester le général sur cette maudite technologie alien. De la porte, sortit un énorme cadeau qui était à peine plus petit que la porte des étoiles en elle-même.
Le petit peuple gris disparut sitôt que le cadeau qui flottait sur un traîneau à gravité zéro eut totalement émergé.

Allan était déjà en train de découper à l’aide d’un petit canif laser une ouverture dans le colis au mépris total de la sécurité. Mais son regard émerveillé attisa la curiosité de tous.

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